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La Liberté Religieuse et La Neutralité de l'Etat en Corée du Sud


Une coalition civile publie une déclaration lors d’une conférence de presse conjointe, avertissant que des propos gouvernementaux visant certaines religions risquent de promouvoir la haine et l’abus du pouvoir de l’État

Une conférence de presse conjointe soulève des préoccupations concernant la liberté religieuse et la neutralité de l’État en Corée du Sud


Séoul, Corée du Sud — Le 23 janvier, la Coalition pour la démocratie et la liberté de religion (CDFR), une alliance de la société civile, a tenu une conférence de presse conjointe devant la fontaine de la Maison Bleue à Séoul, publiant une déclaration critiquant de récents propos et directives d’enquête émis par de hauts responsables gouvernementaux.


À travers cette conférence de presse, la Coalition a officiellement annoncé son lancement et a déclaré que « la stigmatisation et les pressions exercées par l’État à l’encontre de religions spécifiques soulèvent de graves préoccupations quant à l’atteinte à la liberté de religion et au principe constitutionnel de séparation de la religion et de l’État ». La CDFR est composée d’organisations civiques, religieuses et sociales en Corée du Sud, et rassemble un large éventail de personnalités, notamment des représentants des communautés bouddhiste, chrétienne et musulmane, ainsi que des juristes, des professeurs d’université et des dirigeants de la société civile.



L’événement, intitulé « Conférence de presse conjointe pour la protection de la liberté de religion garantie par la Constitution », a réuni environ 100 participants et a été marqué par la lecture d’une déclaration commune, suivie d’allocutions des co-représentants de la Coalition. La déclaration a été lue par le vénérable Beop San, chef exécutif de l’Ordre Jogye du bouddhisme Daegak et co-représentant de la Coalition.


Des interventions ont ensuite été prononcées par quatre intervenants représentant les communautés bouddhiste, chrétienne et musulmane, ainsi que la société civile, qui ont abordé l’impact potentiel de la désignation négative de religions spécifiques par le gouvernement sur l’ordre constitutionnel et les principes démocratiques.

Dans sa déclaration, la Coalition a cité l’article 20 de la Constitution de la République de Corée, qui garantit la liberté de religion et consacre la séparation de l’Église et de l’État, ainsi que l’article 10 (dignité humaine) et l’article 11 (égalité devant la loi). Elle a soutenu que les références officielles répétées qualifiant certaines religions de « pseudo-religieuses », « hérétiques » ou « nuisibles » risquent d’entrer en contradiction avec les principes de neutralité religieuse et de non-discrimination requis dans une société démocratique.


La déclaration a été préparée à la suite d’un déjeuner tenu le 12 janvier 2026 entre le président Lee Jae-myung et des dirigeants religieux, au cours duquel, selon un briefing de la porte-parole de la présidence Kang Yoo-jeong, le président a exprimé son accord avec des propos de certains dirigeants religieux affirmant que « les dommages causés par des groupes pseudo-religieux et des sectes tels que l’Église de l’Unification et Shincheonji sont graves », ajoutant que « ces préjudices se sont aggravés parce qu’ils ont été laissés sans contrôle trop longtemps dans notre société ».


Le lendemain, lors d’une réunion du Cabinet, le Premier ministre Kim Min-seok a qualifié l’Église de l’Unification et Shincheonji de « maux sociaux qui doivent être éradiqués » et a ordonné une enquête conjointe et globale à l’échelle gouvernementale. La Coalition a cité ces propos comme des exemples représentatifs du problème en question.

Lors de la conférence de presse, la Coalition a déclaré que « indépendamment de l’existence d’enquêtes pénales en cours, le fait que de hauts responsables gouvernementaux définissent largement et négativement des groupes religieux spécifiques comporte le risque de porter atteinte à l’obligation de neutralité religieuse de l’État ».


Elle a ajouté que le passage d’opinions exprimées lors d’une réunion avec des dirigeants religieux à un langage dur utilisé lors d’une réunion du Cabinet pourrait entraîner des malentendus quant au principe constitutionnel de séparation de la religion et de l’État. Certains observateurs ont également noté que, malgré la participation documentée de certaines organisations religieuses à des activités bénévoles, des campagnes de don du sang et d’autres formes d’engagement social, elles ont fait l’objet de caractérisations négatives générales sans présentation de conclusions pénales spécifiques.



Soulignant que la Corée du Sud est État partie à la Charte des Nations Unies, à la Déclaration universelle des droits de l’homme et au Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), la Coalition a affirmé que « les réponses gouvernementales récentes méritent un examen attentif afin de déterminer si elles sont conformes aux normes internationales en matière de droits de l’homme ».


La Coalition a appelé les Nations Unies ainsi que les organisations internationales œuvrant pour la liberté de religion ou de conviction, la démocratie et les droits de l’homme à mener des examens indépendants et à publier des déclarations officielles, y compris des recommandations, afin d’évaluer si la situation actuelle en Corée du Sud respecte les valeurs constitutionnelles et les normes internationales.


En conclusion, la Coalition a exhorté le gouvernement à cesser toute action incitant à la haine à l’encontre de groupes religieux particuliers ou constituant un usage abusif du pouvoir de l’État, à présenter des excuses publiques pour les propos discriminatoires tenus par le président et le Premier ministre et à s’engager à empêcher toute récidive, ainsi qu’à établir des cadres de dialogue garantissant un respect égal pour toutes les religions et convictions.

« La liberté de religion n’est pas une question concernant un seul groupe », a souligné la Coalition, « mais une norme fondamentale pour l’ensemble de la société démocratique ».

 
 
 

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